Écoute-moi bien, j’ai écrit toute la journée, des SAV, des sketchs de Lili, la vidéo de vendredi prochain, et toute la sainte journée, je n’avais qu’un truc en tête, j’oublie quelque chose…
Ben oui ! La Lait’tre ! Alors qu’en plus ce matin j’avais un truc à te partager, un truc genre vraiment..
Bien sûr tu connais ma tête de poisson rouge, pfft ! oublié le truc !
Roooh je m’auto agace tellement parfois !
Ce n’est pas grave parce que je ne suis pas à court de sujet tu me connais.
D’ailleurs dernièrement je regardais la minisérie française « Les combattantes » sur Netflix (je te fais pas le pitch, tu regarderas sur Netflix !) et je me suis mise à penser.
Mais oui, oui la maternité et la parentalité sont une putain de guerre que l’on mène sans jamais le dire.
C’est vrai quand tu y penses, on dit souvent des femmes que ce sont des « guerrières » des « warriors » des « wonder woman » etc… Tant de termes empruntés parfois aux milieux militaires en temps de guerre.
Et pourtant on ne la nomme pas cette guerre, elle semble ne pas avoir d’ennemies hormis nous-mêmes, si tu écoutes la société…
Et pourtant on continue de dire que les femmes sont « puissantes » et « guerrières ».
Ça me trouble et ça me questionne.
Serions-nous trop hypocrite, dégelant d ego, effrayées, apeurées selon qui on est pour dire et se dire la vérité ?
Notre guerre on la mène contre une société qui ne fait rien pour protéger la santé mentale de ses « guerrières », contre des normes tellement dissonantes qu’on en a les neurones qui explosent à longueur de temps. Notre guerre elle est contre des professionnel.les qui soignent des syndromes post traumatiques autrement appelés dépression du postpartum, à coup de « c’est normal vous êtes mamans » « ça va passer » « ah c’est finis vous avez signé c’est pour en chier » et tant d’autres plus ou moins délicates réflexions.
Notre guerre elle est contre un système de soins qui préfère distribuer des antidépresseurs, comme on distribuait des chocolats dans les tranchées pour remonter le moral des troupes.
Notre guerre elle est partout, tout le temps. Pour reprendre un célèbre slogan d’allaitement.
Mais notre guerre, on doit la mener en plus du reste, on doit la mener avec notre fatigue, notre frustration, notre peur, parce que maintenant que l’on est maman ce n’est plus temps pour nous que nous avons peur mais pour nos enfants.
Parce que si tu fais pas ce qu’on te dit « bonne petite guerrière », si tu l’as ramène trop, si tu sors des sentiers battus, des normes, ou si à l’inverse l’envie de déserter te prend, alors on te retira tes enfants, sous des prétextes dignes de ceux des collabos… La peur fait faire tant de conneries même aux plus doux des agneaux.
Des humoristes ris « C’était pas ma guerre Johnny » et des femmes meurent au combat de leur vie, et de celle de leur petit.
Oui nous sommes des guerrières, et sou la douceur rose poudrée de la maternité et de la parentalité ce cache la réalité des tranchées (t’as saisi le double sens ?!), la bataille des indemnités, l’injustice des congés, ou pas (de congés), les blessures de guerre des césariennes d’urgence, des crevasses, des épisiotomies…
Il y a la maternité et la parentalité des affiches et des magazines, celle à laquelle tu t’attends avant de finir comme une brebis maltraitée à l’abattoir d’un système qui broie ces guerrières. Qui les rince. Bonne a enfanter des petits moutons qu’on leur retira à la moindre occasion, et qu’il faudra mettre à l’école de plus en plus tôt pour qu’ils deviennent de parfait orques obéissant au mettre anneau, à l’œil qui voit tout d’un État qui ne cherche qu’à étendre son pouvoir s’essuyant les pieds sur les cadavres des dommages collatéraux que sont les guerrières qui se sont battus pour trouver un semblant d’équilibre et de logique dans tout ce qu’ont leur avaient imposé consciemment ou pas.
Oh je me rends bien compte que ma Lait’tre n’est pas des plus joyeuses, que la façon dont je dépends la maternité, la parentalité, l’allaitement, le maternage… n’est pas des plus « princesse à paillette licorne » mais c’est aussi comme ça que je vois les choses.
Rien n’est tout blanc ou tout noir. Entre les deux il y a 50 nuances de gris (et pas toujours les plus sexy) mais je trouve que cette réalité personne n’en parle vraiment…
Et il était temps que quelque part sur cette planète ce soit fait. Je ne prétends pas être la seule et l’unique à en parler. Mais au moins moi aussi je l’ai fait.
Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,
Je te dis à demain et te souhaite une douce jour’néné.
C’est exactement dans l’état d’esprit que je suis en ce moment ! J’ai l’impression de me battre tout les jours pour mon allaitement avec les contraintes de la société… c’est tellement stressant que parfois j’ai l’impression que ma tête va exploser ! Merci de partager tous ça en espérant qu’un jour l’humanité sera moins stupide et prendra un peu plus soin des parents et des bébés 🥰 !
Bien dit 🙏 C’est tellement dur en ce moment… et comme si tout n’était pas assez difficile, mon mari s’y met aussi… il en fait tellement peu pour gérer les enfants et la maison alors que je suis au bout du rouleau et je m’en prend plein la gueule. Pas plus tard que ce matin, je me lève fatiguée d’une courte nuit où bébé n’a pas arrêté de tétouiller, oui tétouiller pas téter, j’ai donc mal aux boobs du surplus qui n’a pas été drainé. J’avais un truc en tête que j’avais oublié et qui m’est revenu juste à temps (deadline aujourd’hui) alors me voilà, à peine sortie du lit, à farfouiller dans la maison pour trouver ce dont j’ai besoin. J’avais laissé les 2 enfants aux papa, ça ne lui a pas plû, pourtant Monsieur a dormi comme un ado toute sa nuit sans être réveillé par les enfants, pendant que moi j’ai dû gérer un bébé qui n’a pas arrêté de faire gauche/droite de toute la nuit. Bref après avoir trouvé ce que je cherchais, je vais cherché mon plus petit et je descend, je me sers un café (alléluia il en reste ce matin alors que depuis plusieurs jours il n’y en a plus parce que Monsieur s’est servi avant moi et a bien attendu avant d’en refaire). Je met mon plus petit dans son parc pour tirer mon lait et en même temps faire le truc que je dois faire (enfin mon mari aurait pu m’aider, m’aider à y penser, m’aider à la réaliser…), mon mari descend avec mon grand et se met en colère, me parle comme à de la merde, parce que j’aurai dû refaire du café, au moins remettre de l’eau
dans la carafe ou faire quelque chose en gros. Je lui dis que lui ça ne le gênait pas ces qqderniers jours de se servir le fond de café et de ne pas en refaire. Bizarrement si c’est lui c’est normal, si c’est moi ce n’est pas normal, donc il a tous les droits de m’engueuler (alors que les jours précédents j’avais fermé ma bouche et avait géré la matinée sans me plaindre du manque de café et du manque de temps pour en refaire alors que lui avait tout le loisir d’en refaire). Pas contente d’être encore prise pour une conne, je lui explique gentiment ce qu’il s’est passé ces derniers jours, j’ajoute que je nourris notre 2ème et qu’il fallait absolument que je désengorge au plus vite, ça me faisait très mal. Sa réaction: il s’en fou, je suis encore en tort. J’ajoute alors que ça ne l’a pas derangé de se barrer hier voir ses potes et me laisser gérer le repas à faire pour ses parents qui me ramenaient mon 1er après une journée passée chez eux, de me laisser la charge mentale de tout! Oui TOUT, jusqu’à la bouteille de vin à mettre au frais alors que je ne bois pas. Mais je suis encore en tort d’après lui. J’en ai marre, je n’en peux plus. Parce qu’allaitement ou biberon ce serait la même chose, j’ai la charge mentale de tout gérer, de penser à tout et si je lui fais ce qu’il me fait (comme la chose insignifiante de prendre le fond de café le matin et d’aller tirer mon lait, alors que lui prend le fond de café et va fumer ou s’occuper de lui), ça ne va pas. Je suis sensée toujours
gérer de front. C’est la guerre et je suis en première ligne à devoir tout gérer, tout faire parce que sinon je m’en prend plein la gueule. Pendant que Monsieur en fait le moins possible et considère que je devrais tout faire malgré le temps que me prennent l’allaitement et les tirages. Oui ce matin je suis vénère et déprimée. Je n’ai aucun soutient et plus j’en fais et plus je me fais engueuler pour la moindre petite chose pas faite. Je n’en peux plus, c’est tous les jours la galère. Et cette charge mentale qui n’en fini plus… il y a 2 jours, changement de draps, j’avais demandé à mon mari de retirer les draps du lit, réponse « je peux pas tu m’as demandé de gérer les petits » donc moi je suis sensée faire tout avec les enfants dans les pattes mais lui non il ne peut plus rien faire s’il doit surveiller les enfants. Et le soir, il me dit « je met quoi comme draps? » et moi de lui dire « je t’ai tout sorti dans la chambre sur le lit, t’as plus qu’à faire »… encore une fois charge mentale… tout lui préparer pour qu’il n’ait pas à réfléchir, que LUI n’ait pas à perdre du temps à chercher…. et ça pour tout et tout le temps. Bref, j’en ai marre.
Et sinon sur une note plus légère, encore une très belle Lait’tre, qui soulève beaucoup de choses très importantes 🙏❤