Hey salut toi,
Dans la vie il arrive que l’on rencontre un être aimé, avec qui on fonde des projets, une famille…
Tout est beau, on se marie (ou pas) et tout le monde est content pour vous.
Famille et ami.es se réunissent pour fêter avec vous ce bonheur naissant.
Puis vous prenez une maison (un appart)
On vous demande avec humour combien de chambre il y aura…
La finesse des questions de belle maman pointe déjà…
Puis vous prenez une plante verte…
Personne n’en fais cas.
Puis vous prenez un chien…
C’est bien ça permet de s’entrainer avant les « vrais » enfants s’exclame Mamie Ginette au dernier Noël.
Une petite pointe de tension et d’impatience mais on ne veut pas vous embêter avec ça…
Puis vous faites un enfant, pour vous. Dans le cocoon de votre amour…
Tout le monde est là… Encore, une fois. Famille et ami.es s’enquièrent de la date du terme pour couvrir ce petit miracle -tant attendu depuis vos 1 an de mariage quand même, mais on le dira pas tout haut ou alors avec humour… mmh…-
Vient le jour où le fruit de votre amour arrive, sort doucement de sa bulle pour entrer dans la vôtre à vous deux, ses parents chéris.
Et là. Plus rien ne sera comme avant.
Une pression sociale et familiale grandissant chaque heure, jours, mois, années…
Déjà lorsque l’oncle Georges est venu à la maternité et qu’il a vu que c’était un petit gars il vous a demandé « alors la petite fille c’est pour quand ? heeeee… le choix du roi comme ça »
Comme une furieuse envie de lui répondre que tu viens déjà de faire passer une pastèque par un trou de donuts alors même pas sûr que tu veuilles voir l’aubergine de Mr avant quelque temps !
Mais chéri et toi vous souriez.
Le temps passe. Les réflexions sur le petit deuxième aussi.
Finalement vous le faite ce petit deuxième. Avec tout votre amour. L’envie d’agrandir la famille avant d’avoir une collection de poisson rouges trop grande ^^
Et là, dans le cocoon de l’arrivée de ce petit deuxième vous vous sentez enfin une famille. Au complet. Unis. Ça y est… elle est là votre famille. Il ne vous en faut pas plus.
C’est alors que tout bascule…
« Aaaah c’est bien deux, mais vous allez pas vous arrêtez là ? » vous scande famille, et collègues (un peu moins les ami.es d’ailleurs)
Et la pression grandit chaque fois qu’on vous fait la réflexion. Les regards vous interrogent et vous toisent quand vous osez dire que non, là c’est bon, vous êtes bien à quatre.
« Allez un de plus… »
Puis vous croisez cette amie sur les réseaux ou dans la vraie vie qui elle a 4,5,6… enfants.
Vous échangez et elle vous dit qu’elle se sent jugée chaque fois qu’elle dit qu’elle veut encore un enfant.
QUOI ?
Il y aurait donc un nombre d’enfants idéals dans l’imaginaire populaire ? Mais quel est-il ?
Après analyse parce que ce que tu vis, clairement je le vis au quotidien.
Il semble paraître que 3 enfants est un nombre acceptable. 4 si tu pousses mais ne vas pas au-delà malheureuse, sinon on te dira que tu le fais pour les allocs, pire… dans le dos de ton pauvre mari.
Et sinon…
NOS UTÉRUS, NOS BOOB’S et tout le reste de notre corps et de notre histoire.
ON VOUS EMMERDE !
Et on fait bien ce qu’on veut !
La parole se libère beaucoup autour de la difficulté d’avoir un enfant pour X ou Y raison. De la pression que subissent nos sœurs, ces femmes pour qui ce parcours est si dur physiquement et mentalement.
Mais j’aimerais aussi que l’on parle de la pression de ne pas en vouloir d’autre.
Je ne veux pas de 3ème enfant. Mais de la boulangère, à la belle-mère (non elle s’est pas vrai, je l’adore et elle s’en fou ! mais on se comprend) en passant par mes abonnées parfois -qui ne se rendent même pas compte que malgré elle, elle véhicule cette pression- tous me demandent à quand le 3ème quand je dis que j’en ai déjà 2.
Je me sens obligée de justifier à chaque blague ou post que je ne veux pas de 3ème, pour ne pas qu’on me pose LA question.
Il y a peu je faisais une story en disant que j’attendais la ménopause avec envie. Parce que j’en avais marre des règles. Sans plus de précision.
Et BAM ! Ça n’a pas manqué la vague de MP en mode « faut pas dire ça c’est blessant pour celles qui ne peuvent pas avoir d’enfant » etc…
Alors concrètement je n’ai même pas répondu. Je n’avais pas la foi, j’avais mes règles.
Mais c’est moi que ces réflexions ont atteintes.
Parce que derrière cette envie de ménopause, je ne parle pas de l’impact sur notre plaisir sexuel de ce non désire d’enfant. Surtout quand en plus tu fais le choix de ne plus te laisser bouffer le corps par aucun contraceptif (je vous vois venir, le dernier c’était un stérilet au cuivre sans hormones et j’ai eu de gros soucis, so…). Faire gaffe tous les mois, prier pour voir ces règles apparaître (là où d’autres prient pour ne pas les voir). Mais ne plus en pouvoir de ces menstruations qui ne servent plus à rien et me défoncent littéralement la moitié de ma vie.
Guetter chaque mal de seins, chaque maux de ventre en mode « faut qu’on fasse un test tu crois ma puce ? » Et oui l’amoureux aussi est impacté. Cette décision on l’a prise ensemble.
De la charge mentale et économique des protections périodiques.
De la charge émotionnelle d’expliquer à mes enfants pourquoi ils n’auront pas de petit frère ou sœurs chaque fois qu’on nous parle du « Petit 3ème » (mettez le chiffre qui vous correspond)
De la douleur de se souvenir que sans ces putains d’arrêt naturel de grossesse j’aurais peut-être aujourd’hui 4 enfants.
Je trouve ça cool que les paroles se libèrent. Mais j’aimerais qu’elles se libèrent pour toutes, sans aucun jugement.
Alors je commence ici avec vous.
Et vous me connaissez, au-delà de la douleur, de la charge mental et émotionnel que vont me demander tous les « oui mais c’est pas cool pour celles qui … » je garderais mon calme, ma pédagogie et mon humour (tant que faire ce peu) mais par pitié. Toi qui lis ces lignes, ne t’en veux pas d’avoir demandé à une autre « alors à quand le petit… » mais juste, ne le fais plus.
Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,
Je te dis à demain et te souhaite une douce jour’néné.
merveilleusement raconté. le deuxième sans péri je suis a peine rentrée en chambre j’accueille le grand frère. on appelle mes parents en visio (COVID faisant, c’est bien le no visite à la mater!!!!), ils me posent déjà la question du troisième. put*** ça fait pas 2h que je l’ai sorti, 3kg975 sans péri! mince alors.
aujourd’hui j’en serais à 8enfants….. 1 geu, 3fausses couches, puis grossesse triple naturelle, j’en perd 2 au premier trimestre mais Basile a tenu bon. et cette année mon petit Camille, ma merveille, ma réussite, j’ai pu réaliser le projet que je voulais déjà au premier, et l’allaitement rêvé également depuis toujours.
Merci pour tes lettres!
Très juste comme texte ! On ne devrait pas avoir à se justifier, c’est tellement personnel ! Pas plus tard qu’hier , on m’en en a parlé en disant qu’il fallait que j attende que la petite ait au moins 3 ans pour faire un 2eme. Et je me disais et si j’avais envie de les avoir hyper rapprochés ? Et si là j’étais enceinte ? Quel jugement ils auraient ? En fait il y aura tjr jugement.
Je mets une auto pression personnellement…Ma fille n a que 1 an mais j ai tellement mal vécu les 6 premiers mois …. dépression post partum que je ne suis pas sûre de vouloir revivre ça ou même prendre le risque de le revivre mais je me dis que je ne veux pas la laisser « seule » enfant unique même si ce n est pas un problème en sois… je crois … enfin très compliqué. Elle n a que 13 mois j ai du temps pour y réfléchir. De toute façon aujourd’hui mon cœur n a pas de place pour en aimer un autre 😍