J’allais remballer mon écran et mon clavier, pensant t’avoir assez écrit.
Et je me suis mise à penser à ce sujet que je veux aborder depuis si longtemps.
Ce sujet qui passe toujours furtivement comme un dossier ouvert en fond de tâche de mon bordélique bureau interne (comprends mon cerveau ^^)
Cela fait en effet plusieurs fois que je me fais la réflexion, mais as-tu remarqué cette petite chose dont personne ne parle en allaitement ?
L’investissement psychique que cela va te demander.
Et je parle plus précisément de l’allaitement comme forme de thérapie face à tes croyances limitantes, tes démons, ton histoire, tes transmissions inconscientes et transgénérationnelles, à la fois celle de ta propre famille, mais aussi celle de l’Histoire avec un grand H. Ou encore de ta/tes cultures, peut-être même ta religion !
Eh oui. Allaiter c’est parfois apprendre à lâcher prise pour des personnes dans l’hypercontrôle.
Devoir dire à ses propres parents (notre famille entière parfois) que nous ne sommes finalement pas leurs pansements. Quand je dis « dire », parfois les choses n’ont pas besoin de mot.
C’est parfois accepter de briser la spiral d’une famille. Par exemple être la seule à allaiter après des générations de femmes qui n’ont « pas pu ». Accueillir ou pas (tu n’as strictement aucune obligation et le droit de dire non !) leurs anciennes blessures, frustrations etc…
C’est peut-être pour certain.es venir (re)travailler sur des situations du passé difficiles/douloureuses (inceste, viol, agressions physiques et /ou psychiques…)
C’est parfois avoir la curiosité de questionner l’Histoire pour savoir d’où l’on vient et où l’on veut aller.
Le passé des nourrices, l’avènement des laits industriels, des siècles de marketing, les diverse courants féministes… tout ceci a eu un impact même inconscient sur les femmes avant nous et qui nous l’ont transmises, de façon plus ou moins consciente.
Tout ce que l’Homme à vécu depuis que le monde est monde t’as conduite, toi aujourd’hui à avoir la voie lactée qui est la tienne. Mais quelle est-elle au juste ?
Que répares-tu ? Que questionnes-tu ? Que combattus ? À quelle injustice passée fais-tu front ?
Bien sûr on ne se pose pas toutes ces questions de façon frontale et consciente. Non. Mais pourtant dans les coins reculés de notre cerveau, il y a bien une partie de thérapie qui se joue, parfois à notre total insu.
Mais c’est aussi ce qui explique des réflexions de la part même de certains parents allaitants :
« j’ose pas »
« le regard des autres me gêne »
« je n’y arriverai jamais »
« de toute façon ma grand-mère aussi a eu du mal à allaiter mon père »
Etc…
Mais que portent vraiment en elles toutes ces réflexions ?
Et dans cette danse les conjoint.es ne sont pas en reste.
Pourquoi est-ce qu’un.e partenaire ne va pas être aidant, soutenant ? plein de questions, d’hypothèses peuvent être soulevés.
Bien sûr je ne me risquerais pas à de la psychanalyse sauvage entendons-nous bien. Ce n’est pas ma place.
Mais je voulais surtout soulever le fait que personne ne nous parle de tout cela. De tout ce cheminement qui va se faire, avec ou sans nous, consciemment ou inconsciemment.
Parce que personne n’en parle jamais. Quelqu’un en a-t-il seulement conscience ?
Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,
Je te dis à demain et te souhaite une douce jour’néné.
😘 merci pour ces mots
Je me suis intéressée à mon histoire familiale (qui a allaité et comment ça s’est passé) lorsque j’ai été enceinte de mon premier enfant. Mes grands-mères n’ont eu aucun soucis à allaiter, en revanche ma mère (pour elle je le savais déjà depuis longtemps) n’a pas réussi à allaiter ses enfants. Elle a commencé pourma grande sÅ“ur mais à même pas 1 mois de vie ma sÅ“ur crevait la dalle et ne prenait pas de poids. Bon en parlant avec elle j’ai découvert qu’elle n’était pas au courant des pics de croissance… donc je crois qu’elle a mal interprété le pic des 3 semaines. En revanche il y avait tout de même un soucis, son lait était quasiment transparent (et elle n’a pas arrêté de me le redire chaque fois qu’elle voit mon lait bien blanc bien gras). Du coup elle n’a pas tenté de nous allaiter mon petit frère et moi. Je suis partie confiante pour mon 1er allaitement et là ça a été le drame (très peu de lait + bébé feignant avec freins restrictifs), mais je ne sais pas si l’histoire de ma famille a un impact sur mon histoire. En tout cas je n’ai aucun problème à allaiter dans un lieu public, je n’ai eu aucune réflexion de ma famille quant à mon choix (on m’a juste dit « arrête de t’acharner », en me voyant autant galérer, mais je n’ai pas écouté). De base je n’ai jamais sexualisé mes seins et ils ont pris de l’importance à mes yeux lorsque j’ai découvert qu’ils étaient là pour mes futurs enfants.