Hey salut toi,
Bienvenue dans cette Lait’tre du jour ! Et aujourd’hui on va parler de la nuisance de « l’interprétation » en allaitement
Lors de ma formation en tant qu’accompagnante au Biological Nurturing selon l’approche Colson de Suzanne Colson. Nous avions mis en évidence le fait qu’il était préférable de bannir des mots tels que « fatigue » ou « faim » pour toujours revenir à l’objectivité de « l’observation et la description »
Cela sous-entend en fait que bien souvent lorsqu’une mère allaitante et accompagné par une équipe de maternité ou même soutenu par son entourage. Ceux-ci
–Mais nous le faisons tous, vous allez comprendre !–
Émettent des « interprétations subjectives » face au comportement du bébé en présence.
Ce qu’il faut comprendre c’est que nous avons vite tendance à donner une explication qui varie selon la personnalité, les principes et valeurs ou encore les goûts de chacun.
Prenons l’exemple d’un enfant qui joue au parc, il crie, court partout, saute alors on pourra s’entendre dire
« Il fait le foufou », ou « Il avait besoin de se dépenser »
Ce sont là des « interprétations subjectives » c’est-à -dire des explications données à ce comportement, mais selon notre propre vision valeurs et principes de ce qui se passe devant nous.
Vous avez suivi ?
Hors appliqué cela à l’allaitement et vous obtenez des phrases types que nous avons toutes entendues ou dite du style face à un nouveau-né qui positionné face au sein de sa mère ferait des mouvements de gauche à droite avec sa tête ou d’avant en arrière comme un pivert
« Il dit non tu vois bien », « Il ne veut clairement pas du sein », « ton lait ne doit pas être bon il n’en veut pas visiblement », « Il se bat contre ton sein » … Etc…
Mais encore une fois ce sont des « interprétations subjectives », des explications que nous émettons pour rationaliser ce que nous voyons.
Et le souci est que bien souvent ces interprétations sont négatives et viennent entacher la relation qui commence tout juste à naitre entre une mère et son bébé. Elles donnent aussi une image négative tant de l’allaitement que de l’enfant mais viennent aussi mettre à mal la confiance que la mère est en train de développer vis-à -vis de ses capacités à s’occuper de son petit. Elles viennent freiner son instinct, la remplir de doute et de questions inutiles et entravant la mise en place de son allaitement et de sa relation avec son bébé.
Mais pas de panique ! Je ne suis pas en train de dire que nous devons nous taire et ne rien dire (encore que… Parfois c’est ce qu’il y a de mieux à faire !)
Mais si nous tenons absolument à dire quelque chose de ce que nous voyons alors privilégions la « description objective ». La description objective sera pour nous le fait de décrire une situation de manière concrète et factuelle.
Reprenons ce nouveau-né qui semble «refuser le sein » en faisant « non » avec sa tête. La description objective de cette situation serait de dire que :
« Il fait des mouvements de gauche à droite avec sa tête », « Il fait des mouvements d’avant en arrière », « Il étend son corps »…
Le fait de revenir à une « description objective » de la situation permet tout d’abord de laisser la place à la mère de comprendre son enfant car elle seule sait le mieux ce qui se passe.
Mais aussi de n’enfermer personne, que ce soit dans une étiquette, mais aussi dans des réponses prédéterminées.
Par exemple :
parfois un nouveau-né fouille à la recherche du sein. Il hoche la tête de gauche à droite, bascule sa tête d’avant en arrière et ce sont là des mouvements normaux.
Or on peut « interpréter » cela de plusieurs façons :
comme le fait nous l’avons vue de dire que bébé « refuse » le sein. Alors qu’on vient de le dire ce sont des mouvements normaux qui ne constituent en rien un refus ou de dire que bébé « cherche » le sein. Mais encore une fois c’est une « interprétation subjective » ! Après tous il pourrait chercher le sommeil, sa main, être gêné par quelques choses, être en phase d’éveil et on pourrait encore émettre des tonnes d’interprétations.
Mais ces interprétations subjectives ne font qu’influencer la mère dans l’image qu’elle aura de son enfant. Voire même de ses capacités et des réponses qu’elle va apporter à son bébé qu’elle va alors intellectualiser et peut-être penser comme mauvaises, au lieu d’avoir laissé parler son instinct qui lui se trompe bien moins souvent sur la réponse adaptée pile à ce que les yeux de la mère observent.
Et voilà la teamlactée, comment on en vient à bannir des mots tel que fatigue ou faim, qui sont vous l’aurez compris, des interprétations subjectives de ce que nous voyons, et qui viennent entraver l’instinct maternel et la mise en place de la relation mère-bébé.
Alors optons pour une « description objective » en indiquant que ce petit bout met sa main à sa bouche, qu’il baille, qu’il se frotte les yeux (on se frotte les yeux aussi quand on se réveille je vous rappelle !) ou encore qu’il sourit, qu’il pleure. Laissant toute la place à la mère et son instinct pour traduire ce qu’elle doit, de ce que nous voyons tous !
Il faut bien se l’avouer cela demande un sacré entrainement car il faut arriver à se détacher de mécanismes bien ancrée. Il faut aussi savoir faire preuve de recul, et d’humilité en acceptant que ce n’est pas nous qui avons la réponse (du moins nous pensons l’avoir selon nos propres biais) mais bien cette mère-là qui possède les réponses pour cet enfant-là , à ce moment T précis. Et que c’est justement le fait d’émettre des « descriptions objectives » qui aidera la mère à faire émerger ses capacités de réponse, sa confiance en elle, et protéger la relation mère –enfant.Â
Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,
je te dis à demain et te souhaite une douce jour’Néné !Â