Hey salut toi,

Aujourd’hui j’aimerais aborder un sujet à la fois doux et parfois piquant…

Celui des grands-parents. Mais plus précisément ici celui des grands-parents de bébés allaités.
On lit et entend beaucoup aujourd’hui de jeunes parents allaitant se « plaindre » de leurs propres parents ou beaux-parents. Mais à leur décharge, certaines pistes nous permettent de comprendre leurs réflexions et comportements (j’ai dit comprendre, pas accepter ! )

Si avant la transmission des méthodes de puériculture étaient très intergénérationnelles se faisant bien souvent de mère à fille. Il en est tout autre dans l’Occident moderne, où beaucoup d’entre nous ne veulent plus « faire comme », mais prenons le contre-pied en nous appuyant sur les « consignes » des « experts » du 20e siècle

Partons ici du principe que l’on parle des bons experts qui si connaissent en allaitement, et en maternage proximal.

Qui ne sont plus les mêmes et ne disent plus la même chose que ceux de l’époque de nos parents.

Aujourd’hui se répandent de plus en plus les pratiques inspirées du maternage proximal, qui étaient peu connues voire décriées par les générations précédentes. 
je te renvoie une nouvelle fois vers les livres d’Agnès Vigouroux « L’allaitement long expliqué à mon psy »,
Et Natacha Butzbach « Pourquoi les enfants dorment dans les lits à barreaux »

Mais alors comment les grands-parents voient l’allaitement et le maternage de nos jours ?

Bien heureusement tout n’est pas noir ou blanc et entre les deux se situent une multitude de nuances !

Et certains grands-parents sont même tout à fait bienveillants à l’égard de l’allaitement de leur petit enfant.

Soit parce qu’ils en ont eux-mêmes profité enfants, ou parce qu’ils ont eu les mêmes pratiques lactées avec leurs propres enfants, et se réjouissent alors de voir leurs enfants avoir les mêmes gestes avec leurs petits-enfants.

En retirant même une certaine fierté quand nous leur disons que c’est parce qu’on les a vu faire !

Et parfois ils sont bienveillants sans pour autant avoir profité eux-mêmes de l’allaitement étant enfants, ou ne l’ayant pas pratiqué avec leurs propres enfants pour diverses raisons :

« il est encore à ton sein ?
 
« ton lait ne doit pas être nourrissant »
« t’as pensé à faire analyser ton lait pour voir s’il était aussi bon que celui de chez.. »
« si vous le portez chaque fois qu’il pleure il ne sera jamais se débrouiller »
« si votre solution c’est le sein, le sein, toujours le sein vous pourrez jamais le confier »

Et la liste et encore longue.

Mais alors au fond que cachent ses réflexions ? Nulle ne serait le dire à par les intéressés et encore faut-il qu’ils en aient eux-mêmes conscience. Comme nous l’avons évoqué plus haut cela peut être dû au fait que nous choisissions des chemins différents des leurs, leurs renvoyant un rejet de ce qu’ils ont fait pour nous, alors que bien entendu pas du tout. La peur de ne pas trouver leur place. La peur de ne pas réussir à faire comme nous avec leurs petits-enfants et que nous les rejetions… Et encore tellement de possibilités, mais comme je l’ai dit juste avant, eux seuls pourraient nous en parler.

Mais si nous leur disions ce que l’on attend d’eux ? peut-être pourrions-nous désamorcer bien des situations.
Nous pourrions même commencer dès l’annonce de notre grossesse.
Après tous s’il nous faut 9 mois pour nous faire à l’idée d’être parents, ce temps est tous aussi applicable aux nouveaux grands-parents.
Tout est à apprendre aussi pour eux, un nouveau statut, de nouvelles fonctions…
Parler ensemble, échanger autour de lecture, de réunion périnatale, ou même post natal. Leur dire que l’on attend d’eux, de nous soutenir sans critiquer ni dénigrer.

Savais-tu qu’en 1995 des chercheurs anglais de Newcastle ont cherché à savoir comment repérer les femmes plus susceptibles d’arrêter d’allaiter. Leur conclusion a été unanime le harcèlement est une des causes majeures de l’arrêt de l’allaitement.

En 2008 une enquête au Texas a révélé cette fois-ci que les jeunes mères allaitantes attendent des femmes de leur entourage et surtout les grands-mères qui les entourent qu’elles soient leurs défenseuses, qu’elles les soutiennent et les encouragent, qu’elles valorisent leur allaitement.

Mais on ne va pas se mentir, pour arriver à avoir des relations de grands-parents de bébés allaités et même maternés sereines l’idéal serait que ceux-ci aient accès aux mêmes connaissances que nous et surtout que les programmes et autres campagnes de promotions de l’allaitement les inclus dans le processus. Plutôt que de les traiter comme des problèmes, incluons-les dans la solution !

Si certains grands-parents sont conquis par l’allaitement qu’ils n’ont eux-mêmes pas pratiqué.
Pour ceux qui ne le sont pas, l’idée sera peut-être de les aider en les rendant acteur.ices permettons leur d’être proche de leurs petits-enfants pour ne pas jalouser la mère allaitante d’être qu’une égoïste qui veut garder son bébé pour elle. Apprenons leur d’autres techniques de maternage, comme avec les co-parents d’ailleurs !
Car au-delà de l’alimentation les liens se tissent de bien des manières : ils pourraient venir à un cours de portage et porter leurs petits-enfants, pourquoi ne pas faire du cododo avec eux lorsqu’ils les gardent. 

  • Personnellement quand j’allais en vacances chez ma grand-mère, elle avait une chambre pour nous les petits-enfants, mais je finissais toujours par aller dormir avec elle ! Et je me souviens que j’ai toujours adoré dormir avec ma grand-mère même si elle ronfle à un point inimaginable, je me sentais bien plus en sécurité et la « séparation » avec ma famille était plus facile (je n’étais pas seule, alors que mon papa et maman pouvaient me manquer le soir venu. ) ! Je connaissais pourtant son appartement par cÅ“ur car c’est le même depuis que je suis toute petite. Mais j’étais bien mieux avec elle ! On se racontait des histoires, des souvenirs, en grandissant c’est comme ça que j’ai appris des pans de mon histoire familiale, débiffé le film de soir, planifié nos futures vacances. Des parties de rigolade, et des yeux brillants de petites filles devant ses belles robes à refaire son armoire ! Bref de doux souvenir que je dois au cododo avec ma mamie !

Pour ce qui est de l’alimentation, on pourra amener les grands-parents avec nous lors d’une rencontre entre parents allaitant pour les sensibiliser à la dysoralité et leur montrer qu’on peut donner le lait autrement à leurs petits-enfants qu’avec un biberon, et peut-être même rencontreront-ils d’autres grands-parents avec lesquels ils pourront échanger et se rassurer !

Je finirais cette Lait’tre en évoquant la notion d’ « Alloparents » sur les réseaux on entend plus souvent le terme de « Co-parent » (c’est la même chose)

Je ne sais pas si vous connaissez ce terme il désigne selon Claude Didierjean Jouveau Â« tous les proches, adultes et plus grands enfants, parents et voisins, qui peuvent être amenés à s’occuper du bébé Â» en l’occurrence cela inclut les grands-parents et leurs petits-enfants ! Nous devons aussi cette notion à Sarah Blaffer Hrdy anthropologue, primatologue et sociobiologiste américaine.

C’est exactement ce qui se passe quand tatie Lilie portait Mochi ou Gaufrette quand ils étaient petits, tous en dansant avec lui sur une musique qu’elle aime et que nous n’aurions pas écouté, le temps que nous allions prendre une douche. C’est ce qui se passe quand Papi Robert porte le petit dernier en montrant aux grands comment ramasser des feuilles dans le jardin !

Bref vous l’aurez compris les grands-parents et les alloparents / co-parents jouent un grand rôle dans le développement de l’enfant mais aussi dans l’accompagnement des jeunes mères.
Ils ont toutes leur place dans la vie de nos bébés, si tentaient qu’eux-mêmes veuillent la prendre et que parfois on les guide pour la trouver ! 

Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,

je te dis à demain et te souhaite une bonne jour’Néné