Hey salut toi,
« Les mots sont des intentions au moment où ils quittent notre bouche ils commencent à créer leurs propres réalités »Â
The Gift-S1E5
Mais alors voici la grande question : sommes-nous capable d’assumer la responsabilité de nos paroles ?
Quand on parle d’allaitement, quand on croise une femme enceinte, une mère allaitante, on parle, on dit des choses (tu me diras ça vaut pour tous les instants de nos vies) et ces mots ont un poids dont on ne prend pas toujours conscience.
Ils peuvent parfois s’inscrire dans la réalité de la personne qui les reçois et faire tout basculer.
Je me souviens encore pour mon deuxième allaitement quand je me suis sentis totalement perdu face à ce bébé qui ne s’accrochait pas, qui n’arrivait pas à téter et de la sage-femme et amie qui passant me voir a eu de simples mots qui ont fait toute la différence :
« Oui mais en fait tu as encore l’habitude d’un grand 2 ans, qui tète et sait se débrouiller avec ton sein, elle n’a que quelques heures. »
Elle n’a rien dit de plus, n’a pas remis mes compétences ou celles de mon bébé en cause. A énoncé un simple fait. Et après quelques minutes mon cerveau a analysé et compris ce qu’elle voulait me dire. J’étais capable, je le faisais depuis déjà deux ans, j’avais l’expérience, c’était juste pas les mêmes bébés et ils en étaient pas au même stade.
Ses mots se sont inscrits dans ma réalité, ils ont pris forme et sens. Et ils m’ont permis d’avoir une nouvelle voie lactée qui a pu démarrer sereinement.
Mais je n’ose penser à toutes ces femmes et mères pour qui on a des paroles malheureuses. À coup de :
« vos seins sont trop petits vous ne pourrez jamais allaiter »
« votre enfant est trop collé à vous, vous allez en faire un capricieux »
Et j’en passe tu vois très bien ce que je veux dire !
Alors je sais bien qu’on ne peut pas faire attention à tous les mots que l’on prononce à chaque instant. Je sais bien que parfois notre langue va plus vite que notre cerveau.
Mais si parfois on se posait pour y réfléchir, avant de les prononcer. Si parfois on analysait nos émotions avant qu’elles ne prennent le dessus sur la raison et de poser des mots que l’on pourrait regretter sans pouvoir les retirer ?
Surtout quand on parle à de jeunes femmes ou parents, dont la vie vient d’être chamboulée par un tsunami d’émotions.
Nos mots peuvent devenir la bouée de sauvetage sur laquelle ils vont se reposer et commencer à se construire peut-être.
Cette responsabilité peut faire peur, pourtant c’est la réalité de bien des jeunes mères.
Nous l’entendons souvent nous accompagnant.es lorsque l’on est aux côtés des femmes et des mères :
« oui mais on m’avait dit que… »
« mais ma mère/la mater… m’avait dit… »
« tu sais quand la gynéco m’a annoncé que … »
Et combien de fois on peut entendre ce genre de récit. Oserais-je dire malheureux ?!
Encore une fois je sais que l’on ne peut pas tout peser à chaque instant. Mais à mon sens nous en avons a minima devoir d’essayer de faire notre maximum. Et surtout, surtout… de l’apprendre à nos enfants.
Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,
Je te dis à demain et te souhaite une bonne jour’néné.