Je t’écris tous les jours (ou presque) et pourtant je vis le plus gros paradoxe de ma vie en faisant ça.
Je te raconte tellement de choses, et en même temps tant de choses restent dans le silence.
Tant de choses dont j’aimerais parler, mais dont je ne me sens ni la force, ni le courage de le faire tant que certaines personnes de mon entourage seront encore vivantes.
J’ai l’impression de répéter un schéma en écrivant ça tient… ça me saute tout juste aux yeux…
Pourtant ici je me sentirais suffisamment en confiance pour le faire. Et en même temps, je me dis que je ne sais pas qui téléchargera l’appli demain, qui lira nos Lait’tre. Et je me dois de me protéger, mais surtout de protéger mes enfants.
Peut-être que c’est une façon de me cacher, de ne pas affronter les choses, que de dire que j’ai mes enfants à protéger. Peut-être…
Peut-être ne suis-je pas prête à voir le regard des gens changer sur moi…
Mon histoire n’est pas pire ou meilleure que la tienne, que celle de n’importe qui. Mais je sais que je suis passée par des choses, qui en choqueraient plus d’un, qui se demanderaient comment je fais pour être cette jeune femme jovial, drôle, sociale, toute pleine d’humour…
Mais je ne veux pas que l’on me voie comme une victime, je ne veux pas que l’on déteste les gens qui ont fait de moi celle que je suis malgré leur comportement et ce qu’iels sont. Parce que moi-même je les aime. Aussi faillibles qu’iels soient.
Je ne veux pas/plus que l’on me perçoive comme la petite poupée de porcelaine morcelée à laquelle je me suis si longtemps identifiée…
J’ai peur qu’en écrivant mon histoire je rouvre des plaies que je me suis si longtemps échinée à oublier. Sur lesquelles je ne veux pas revenir sans avoir peur de rebasculer dans les propres ombres, et d’être une nouvelle fois engloutis… de laisser ressortir les vieux démons…
On a tous un passé avec lequel on est plus ou moins en paix. Je me persuade que je suis en paix avec le mien pour avancer… Mais le suis-je vraiment ?
Le peu de fois où j’ai un tant soit peu livré de mon histoire, j’ai entendu les mêmes phrases bienveillantes :
« c’est impressionnant comme tu es paisible face à ton histoire. »
« c’est incroyable le recule et l’analyse que tu arrives à en avoir »
« c’est ouf comme tu es vachement clairvoyante sur tout ça »
Et à chaque fois j’ai envie de hurler…
« Mais que dalle, je fais seulement semblant depuis si longtemps… »
Je sais qu’iels ont raison au fond… Mais je ne me reconnais pas cette force, cette intelligence, cette clairvoyance…
Je ne fais que ce que j’ai toujours fait… Survivre. Je crois que je suis juste devenu très douée à ce petit jeu.
Sur ce, c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,
Je te dis à demain et te souhaite une douce jour’néné.
C’est si difficile de commenter une telle Lait’tre… je connais bien cette volonté de se protéger et par dessus tout de protéger ses enfants. Objectif: ne pas donner des cartouches aux tireurs. D’autant plus que ce ne sont pas des chasseurs du dimanche qui loupent leur proie même si c’était un éléphant au milieu d’un champs, mais ce sont des tireurs d’élite. 🙏💧❤️
Texte très touchant…
Ses mots qui résonne en moi 😮💨💬