Hey salut toi,

J’ai envie de te parler de quelque chose de très personnel. Je trouve qu’on en parle pas assez d’ailleurs.

Bon tu es d’accord avec moi que lorsque l’on commence à faire un enfant, vient très rapidement la question du deuxième, puis du troisième etc…

Au-delà du côté intrusif de la question, il y a comme un tabou autour de la réponse.

Les parents sont souvent évasif, comme si il ne voulait pas blesser l’interlocuteurice en face !

M’enfin à partir du moment où on se permet de me poser des questions intrusives sans mon consentement, je me permets d’y répondre de façon claire et direct (oui bon ok, je suis naturellement comme ça ! )

Et nous voici donc au cœur de cette Lait’tre à cœur ouvert car…

Je ne veux pas de 3ème enfant.

C’est un fait, c’est acté ! Et non pas que je manque de cÅ“ur ou de place, ou qu’une 3ème  césarienne me fasse peur.

Plus maintenant.

Pas non plus parce qu’à la naissance de ma 2ème  j’ai ressenti ce halo de certitude d’être totalement comblée.

Rien de tout ça !

Je n’en veux pas pour des raisons, des certitudes encrées en moi.

On en parle peut, voir jamais.

J’ai cherché des témoignages, pour me rassurer, me dire que je n’étais pas seule ou folle… Mais rien.

Je ne veux pas de 3ème  enfant parce que j’ai la certitude que je ne devrais pas tenter la nature. Pousser la chance plus loin.

J’ai connu l’hématome placentaire, le décollement placentaire, la césarienne d’urgence à deux doigts de perdre mon bébé et moi avec.

J’ai connu, deux bébés qui auraient pu naître mort à cause de ce foutu cordon trop serré autour de leur cou.

J’ai connu les traces légères et violettes autour de leur cou. Le rejet de mon 1er  bébé.

J’ai connu la dépression pendant la grossesse au point de vouloir avorter..

Oui j’ai connu tout ça..

Mais, j’ai deux merveilleux enfants en pleine santé. J’ai la chance de passer chaque heure, de chaque jour avec elleux depuis leur naissance. Je les aime autant qu’iels m’épuisent

Et j’ai l’intime impression, comme une conviction encrée dans mon utérus que je ne dois pas en demander plus. Que mon chemin de vie n’est pas là.

Avant je pensais à la grossesse avec tendresse et amour malgré les épreuves. Aujrd’hui ça m’angoisse, j’ai peur de la maladie, du handicap, de la mort même.

Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça.

Si au fond je sais.

Parce que le peu de fois où on m’a posé la fameuse question

« à quand le petit 3ème  ? »

J’ai ressentis comme une bouffée d’angoisse insidieuse, silencieuse, et pourtant instinctive et viscérale.J

J’aimerais tellement que cette question n’obsède pas les gens…

Oui, c’est beau de porter la vie, la nourrir est profondément merveilleux et bouleversant. Mais la vie côtoie la mort comme le génie côtoie la folie.

La limite est toujours si mince.

Je n’ai pas peur de ma propre mort. Mais je ne survivrais pas à celle de mes enfants, c’est une chose dont j’ai la certitude la plus sincère. Ce soir je pose juste des mots sur mes pensées, et je vous les livre sans fards. Parce que peut être quelqu’un a besoin de savoir qu’iel n’est pas seul’e.

Sur ce c’est tout pour moi pour cette Lait’tre,

Je te dis à demain et te souhaite une douce jour’néné.