Hey salut toi,

Dis-moi, il t’arrive de regretter ta vie sans enfants ?

Moi ça m’arrive ! Et je n’ai vraiment pas honte de le dire ! Je crois même que c’est sain, et que cela me permet aussi de me rappeler qui je suis en dehors de mes enfants.

Attention, je ne regrette pas d’être mère, loin de là. Mais parfois j’aime à imaginer, ce que sera ma vie quand ils seront grands et indépendants.
Bien sûr je ne me sentirai plus jamais entièrement « libre » dans le sens où une partie de moi est en eux, et que je serais toujours cette maman louve un peu inquiète pour ses enfants.

Mais je m’imagine parfaitement voyager avec seulement mon mari, retrouver nos moments de complicité rien qu’à nous tels les deux ados que nous avons été (oui on se connaît depuis très jeune, si tu n’avais pas suivi !).

Faire du bruit comme on veut et quand on veut, si tu vois ce que je veux dire !!

Ne pas devoir en permanence planquer ce super dessert dont j’avais tellement envie depuis des jours, mais que s’ils le voient je vais devoir le partager, et je le ferais avec plaisir en plus (mais quand même, zut !)

Pouvoir redevenir un peu plus égoïste en ne me préoccupant que de mon propre rythme et mes propres envies.

Bref, je crois que quelque part, tu vois parfaitement ce que je veux dire.

Sincèrement je ne me sens pas mal de t’exposer cela. Je crois bien au contraire que c’est justement un tabou.

À partir du moment où tu as des enfants, où tu les as voulu, il y a comme une règle tacite, qui impose de ne plus avoir le droit de rêver à une vie sans eux (sans qu’ils soient nés, ou d’imaginer notre vie quand ils seront partis de la maison).

Un peu comme ce dictate : « tu l’as voulu, tu l’as eu, tu vas pas te plaindre en plus. Assume »

J’ai vraiment la sensation que tu ne peux plus parler de tes rêves et de tes envies sans passer pour une grosse égoïste et une mère indigne.

Sauf que je crois pourtant que c’est ce qui nous permet d’avancer, imaginer le futur, faire des projets, sans enfants. C’est aussi se préparer à ce qu’ils partent un jour. Finalement c’est commencer à préparer une nouvelle séparation.
Un peu comme toutes les étapes que l’on aura connu avant le sevrage (les aversions, les coups de mou, le sentiment de regretter d’allaiter…) tout ça fait partie du plan de l’univers pour nous préparer aux grandes étapes de nos vies !

Oui je suis partie dans un délire comique !! Et je me marre toute seule !

Aller on se recentre !

Mais en tout cas je suis contente de permettre cet espace de paroles aux mères que j’accompagne, sans culpabilité. Parce que je trouve important pour notre santé mentale et notre charge mentale de pouvoir poser nos rêves, nos espoirs, en étant entendu. Car je pense qu’ainsi nous pouvons mieux nous préparer à l’avenir. C’est si angoissant d’imaginer notre vie sans nos enfants. De ce jour où on ne pourra plus les protéger à 100%.

Une nouvelle fois je ne sais pas comment terminer cette Lait’tre, les conclusions c’est vraiment pas mon point fort.

Alors je vais te laisser, et te souhaiter une douce jour’néné.