Hey salut toi,

J’ai une petite question pour toi aujourd’hui est-ce que tu savais que les conditions dans lesquelles nous accouchons pouvaient avoir un impact sur le début de notre allaitement ?

Même si nous avons eu un accouchement « parfait » nous avons toutes dans notre entourage, une amie, une cousine, une nièce une sœur, pour qui tous ne se sera pas déroulé à merveille.

Et qui parfois nous appelle à l’aide car l’allaitement, ne se passe pas du tout comme prévu. Elle qui fondait tant d’espoir dans cet acte naturel, et qui suite à son enfantement difficile, devient tout à coup encore plus important et vital, pour elle, dans sa naissance dans son rôle de mère à qui l’enfantement a déjà échappé.

Mais, et si tout cela était déjà dû au déroulement dudit enfantement ?

En fait il faut se rappeler que pendant le travail se déroule tout un processus qui va permettra à la mère et son enfant de prendre leurs places respectives. Toute une séquence hormonale très complexe va permettre à la future maman et son bébé de naitre dans leurs nouveaux rôles avec confiance et naturel. Et si cette séquence hormonale est trop perturbée, cela peut rendre plus difficile les débuts de la maternité et de l’allaitement.

Mais alors qu’est ce qui peut ainsi perturber cette mise en place de la relation mère-enfant ?

Tout d’abord le processus surmédicalisé dans la prise en charge de l’enfantement dans notre société actuelle est une première piste. Les femmes n’accouchent plus ou peu en position physiologique au détriment d’une position favorable au personnel médicale. Ce même personnel qui suit des protocoles près établis qui empêchent la femme et future mère d’être à l’écoute de son instinct les poussées sont calculées, on utilise un rythme de respiration qui n’est pas forcément celui avec lequel on va être à l’aise, etc… Tu m’as comprise.

De plus l’avènement de la péridurale ainsi que de la césarienne n’aura pas apporté que du positif. Je parle ici de la péridurale et de la césarienne en tant que protocole médicamenteux, et non en tant que choix personnel. En effet, ces deux modes d’intervention impliquent l’utilisation de substance chimique qui on le sait maintenant, au travers de nombreuses études, ont des effets à court et même longs termes sur les réflexes archaïques d’allaitement du bébé. Ainsi que sur l’état hormonale de la mère. Ils peuvent entre autre interférer dans le lien d’attachement.
Attention encore une fois je parle des effets d’un protocole impliquant l’utilisation de substances chimiques, pas d’un choix personnel. Le savoir c’est faire un choix éclairé, et justement relativiser et éviter de paniquer si d’éventuel soucis lactés interviennent à leur suite.

Au-delà de cela il existe de nombreux actes pouvant être vécu comme un traumatisme par la mère et l’enfant, qui fragilisera la mise en place du lien d’attachement, et les début de l’allaitement. Citons pèle mêle et de façon non exhaustive :

l’utilisation de forceps, ou ventouse,
l’épisiotomie,
les points éventuellement nécessaires après un enfantement,
le coche raté pour une péridurale,
le choc des césariennes d’urgences,
un déni de grossesse,
un accouchement trop rapide, trop long,
et la liste et encore longue….

Mais alors justement peut-on allaiter après une naissance qui n’a plus grand-chose de physiologique/anthropologique ?

Oui c’est possible, je parle ici de la possibilité physiologique. La possibilité psychologique relève du cas par cas et doit être accompagnée par des professionnels de santé compétents entre autres en allaitement. Donc oui il est possible d’allaiter même après une naissance difficile. Certes ce qui s’est passé pendant l’enfantement va probablement gêner la mise en place de notre relation avec notre bébé, mais au final la plupart des mammifères femelles peuvent vivre des difficultés du même type. Surtout si comme nous l’avons vue plus avant elles n’ont pas pu vivre de sensation pendant le travail ou la naissance de leur petit, ou si l’expérience a été anormalement traumatique, ou même encore si le petit leur a été enlevé pour X ou Y raisons. De ce point de vue toutes les femelles mammifères se retrouvent égales dans le règne animal, et nous ne faisons pas exception, puisque nous restons des animaux.

Alors beaucoup de bébé de l’espèce humaine ne prendront pas le sein immédiatement après une naissance difficile voire traumatique. Et d’ailleurs certaines mères pourront se sentir perdu quant à leur envie ou non de donner le sein. Mais pas de panique, c’est normal et y a même une explication purement biologique à cette affaire. En effet comme la naissance ne sait pas passé comme elle aurait dû et que la mère comme le bébé n’ont pas pu bénéficier des gestes et de la séquence hormonale qui les auraient naturellement aidé à trouver leur place, à ce que l’attachement se fasse immédiatement. Nous allons alors avoir besoin de nous reconnecter, nous allons devoir réinventer notre naissance à tous les deux. Un processus à la fois psychologique et animal prendra la relève pour nous permettre de nous réapproprier cet enfantement.
Et d’ailleurs certaines astuces peuvent nous y aider.

Tout d’abord un accompagnement bienveillant mais non intrusif et surmédicalisé du personnel médical soignant en suite de couches.

Le soutien et l’amour de nos moitiés.

Ménager votre environnement lumières tamisées même en journée, une musique que vous aimez ou du silence…

Avoir bébé avec soi 24H/24 et ce même si on a l’impression qu’on ne veut pas être avec son bébé (sauf cas particulier). Le fait d’être ensemble va aider nos corps à se reconnaître à un niveau animal. Notre bébé nous plaira de plus en plus et notre sentiment d’adoration va grandir doucement.

Le peau à peau plus ou moins déshabillé selon votre degré de pudeur.

Laissez-vous guider par votre instinct vous verrez que naturellement les gestes d’attachement vont se multiplier : nous allons sniffer nos bébés, les caresser, les savourer par des bisous, d’abord fragiles ces gestes gagneront en confiance doucement.

Prendre un bain chaud si vous le pouvez semble être une bonne piste. Un bain en duo sans personne d’autre, et dans une ambiance tamisée. Encore une fois dans le bain les gestes tendres s’inviteront souvent seuls, par les massages, et les caresses, le bercement dans l’eau. Le bain est aussi un moment propice de détente pour laisser bébé prendre le sein s’il le peut ou veut, car nous sommes tous deux dans un état de détente qui favorise les tétées instinctives et zen.

Le simple fait de tenir notre bébé, de le regarder, son visage, ses traits.

Comme on le disait plus haut notre moitié peut grandement aider sans un mot en nous massant à des endroits que nous aimons, nous caressant, parfois juste en servant d’appui. Nos moitiés portent bien souvent un regard tendre admiratif et confiant que nous n’évaluons pas dans l’immédiat mais qu’inconsciemment nous recentrons et qui nous aide à prendre confiance.

Il existe bien d’autres astuces. Mais toutes ont un point commun extrêmement important pour la mise en place de l’allaitement, elles aident à la production d’ocytocine qui est tout à la fois l’hormone de l’attachement, et celle qui joue un grand rôle dans l’allaitement. Le fait qu’un bébé ne prenne pas le sein immédiatement après un enfantement difficile reste in phénomène temporaire et inversable.
Il nous faudra être patiente, ne pas paniquer et nous concentrer sur ce que nous pouvons déjà faire pour nous aider à nous apprivoiser nous aidera à être plus zen à gagner confiance en nous, notre bébé et cette relation naissante.

La plupart des bébés finissent par y arriver. Et puis aujourd’hui de nombreuses ressources sont disponibles pour nous aider, au travers des différents professionnels formés à la lactation humaine et l’allaitement maternel s’il y a vraiment besoin.

Sur ce, c’est tout pour moi pour cette vidéo,
Je te dis à demain et te souhaite une douce jour’néné